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ADIEU LE MAITRE
ADIEU L’AMI

jeudi 19 mars 2009

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L’écrivain qui est né demain s’est éteint aujourd’hui. Abdelkebir Khatibi, l’homme de la mémoire tatouée n’est plus, et c’est dans sa discrétion toute coutumière qu’il a suivi le pas de Driss Chraïbi, un autre des enfants prodiges qui ont gravé dans l’universalité et en profondeur la mémoire de leur ville natale El Jadida.
Faut-il regretter le Sociologue ?, le politologue ?, le chercheur universitaire et écrivain ?, le philosophe ?, le poète, ou tout simplement, l’homme de Mazagan, dans toute cette singularité de Khatibi, qui a donné un sens à la littérature Maghrébine depuis les années 1970 ?.

Abdelkebir Khatibi incarnait tout cela à la fois, et son aura illuminera à jamais les sphères bénies de cette généreuse terre des Doukkala qui l’a imprégné des embruns du savoir et de l’humilité, avant de lui permettre de libérer ses énergies sous d’autres cieux et divers horizons à la recherche de tous ces signes et traces, anodines pour les profanes, mais dont le décryptage représente une inépuisable source de repérage dans l’histoire des sociétés.

Quelque part, une étoile s’est effacée de notre de regard, mais sans jamais s’éteindre, car si de son vivant, Abdelkebir Khatibi, cette grande figure littéraire et intellectuelle, a marqué indélébilement son présent, les générations contemporaines et futures, retrouveront toujours dans son sillage la parole du penseur et les positions de l’écrivain engagé.

Caprice du temps ou signe du destin ? C’est en Mars dernier qu’El Jadida a rendu un vibrant hommage à ce géant de la littérature, qui a fait ses premiers pas et aiguisé ses premiers traits de plumes, dans le quartier Sfa d’El Jadida, à quelques mètres seulement de la merveilleuse plage de ce qu’on nommait autrefois Mazagan.

Lors de ce colloque international autour de l‘œuvre de Khatibi, qui parait aujourd’hui comme un fruit doux amer, et qu’on pourrait qualifier, avec le recul, comme un fervent adieu entre le fils adulé et la mère nourricière, on ne peut oublier ce qu’une participante disait de lui « Il faut essayer d’ imaginer Khatibi, cet écrivain-peintre, son imaginaire muni des vibrations de cette ville aérée, de ses perspectives, de ses jeux de foot sur la plage matinale, des soirées de dance dans un jardin boisé, et des séances de dragon noir dans un cinéma disparu ; il faut l’imaginer le pinceau à la main, se tournant vers d’autres rives, prêt à donner forme à d’autres mémoires à venir. Peut-être cet écrivain est né demain pour découvrir des rêves d’antan ».

Adieu Abdelkebir, adieu le maitre, adieu l’ami ; Ta présence restera à jamais tatouée dans la mémoire de cette ville pour laquelle tu as tant donné.

Chahid Ahmed
m.ahmedchahid@yahoo.fr

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