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Au Maroc, un hammam historique bénéficie d’une attention éminemment nécessaire

Le Fonds des ambassadeurs pour la préservation appuie les travaux de restauration d’un hammam à Ghmate

jeudi 10 juin 2010

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Par M. Scott Bortot
Rédacteur

Il y a un siècle, l’un des plus grands trésors historiques du Maroc s’est vu attribuer le rôle important de servir de fondation à une maison particulière en pierre. La maison a aujourd’hui disparu, ce qui a permis aux archéologues de découvrir qu’elle avait été bâtie sur un hammam (bain dit « turc ») unique en son genre, relique du long passé historique du pays.

Situé dans les vestiges de la vieille ville de Ghmate, ce hammam est une découverte rare : selon les archéologues à l’œuvre sur le site depuis 2005, il s’agit vraisemblablement ici de l’un des premiers hammams en son genre au Maroc. Construit à la fin du Xe siècle ou au début du XIe, il est grand pour son époque, plus grand que tout établissement de ce type, mesurant 13 mètres sur 13, et se compose de trois pièces.

Ghmate, première capitale de la dynastie almoravide, était jadis un amalgame des cultures arabe et amazigh et joua un rôle crucial dans le processus d’élaboration de l’identité islamique du Maroc. Avant l’arrivée des Almoravides et l’établissement de leur nouvelle capitale à Marrakech, Ghmate était le principal centre culturel et commercial de la région.

Après quatre saisons de travaux archéologiques menés par la Fondation marocaine de Ghmate et l’université Vanderbilt du Tennessee, le hammam est nettoyé et sa structure stable. Toutefois, certains aspects du site exigent encore des aménagements et le Fonds des ambassadeurs pour la préservation du patrimoine culturel, du département d’État des États-Unis, a apporté son concours à un projet visant à préserver le hammam historique et à le préparer à recevoir des visiteurs.

Le financement accordé au projet a permis notamment d’imprimer une série de brochures promotionnelles sur le site. Et pour faire mieux connaître le hammam dans les milieux savants, des plans de financement de recherches érudites sont actuellement à l’étude. Ces mesures permettront de documenter le site et d’en souligner l’importance en tant que composante du patrimoine national du Maroc.

S’agissant de la préservation, des appuis financiers ont été accordés pour restaurer les bassins intérieurs et le système de chauffage aménagé sous les planchers. Pour améliorer l’esthétique du site et en renforcer la sécurité, un mur d’adobe a été réparé et muni de grilles de métal par lesquelles on peut y accéder facilement. Des panneaux signalétiques et des plates-formes transparentes posées sur le système de chauffage dans le sol ont également été mis en place pour encourager les touristes à visiter le site.

Ces mesures, en sus de la codification des connaissances déjà acquises sur le site, faciliteront l’obtention et la pérennisation de financements provenant de sources marocaines publiques et privées.

Les archéologues pensent que le hammam a été affecté à son usage prévu pendant près de 500 ans, avant d’être transformé - on ne sait pourquoi - en une usine de poterie. Abandonné quelques siècles plus tard, il a été peu à peu recouvert par la terre. À l’époque de la construction de la maison de pierre sur le site, le hammam était devenu un petit monticule.

Au début des travaux d’excavation, quelques-unes des voûtes de l’édifice étaient à peine visible. Mais les archéologues n’ont pas été longs à découvrir l’existence de ce trésor, dont le plan d’aménagement est semblable à celui des hammams espagnols du XIe siècle, notamment celui à Segura de la Sierra et celui de Torres à Valence, attractions touristiques très fréquentées.

Toutefois, le hammam de Ghmate se distingue des établissements espagnols sur plusieurs points. Outre le différent type de pierre utilisée, il possède des arches larges au sommet et se rétrécissant à la base, en forme de fer à cheval. Chacune des trois grandes salles de l’établissement (le frigidarium, piscine d’eau froide, le tepidarium, bain tiède, et le caldarium, bain d’eau chaude) possède une voûte de pierre de près de quatre mètres de haut.

Le hammam de Ghmate, jadis lieu de rencontre communautaire, est aujourd’hui en passe de devenir un lieu d’acquisition de connaissances sur le dynamique passé historique du Maroc.

http://www.america.gov/fr - 08/06/2010

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