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LEKOUASSEM ET L’ART DE L’AFFAITAGE D’EL JADIDA A IFRANE

lundi 17 septembre 2012

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Tout récemment la première chaine de télévision nationale, a diffusé un petit reportage relatif à la fauconnerie, mettant ainsi en évidence l’un des volets les plus importants de cette discipline de chasse au vol ; à savoir les séances d’affaitage ( dressage) que nécessitent les jeunes faucons avant qu’ils ne soient aptes pour la prochaine saison de chasse.

A première vue et au-delà de la pertinence de l’information, tout cela n’a rien de trop particulier, sinon que la scène du tournage se passe à Ifrane.

On est loin dira-t-on de la terre des Doukkala qui est de tout temps considérée comme le fief incontestable de cette tradition ancestrale, devenue depuis presque deux années Patrimoine Humain Vivant inscrit sur la liste représentative de l’Unesco.

De même qu’on serait tenté de nous interroger sur les dessous de ces potentielles affinités qui pourraient concilier El Jadida et Ifrane autour du même thème de la fauconnerie. Notre objectif dans ce qui suit, nous intime donc à participer humblement à ce sujet, et ce, par l’apport de quelques éclaircissements d’une situation pouvant paraître anachronique aux lecteurs qui suivent de prés ou de loin toutes les évolutions de cette singulière discipline de chasse écologique.

Par inadvertance ou par manque de maîtrise du dossier de la fauconnerie dans sa globalité (ce qui est loin d’être blâmable, soit dit en passant), ce que TVM a raté, c’est le fait que tous les jeunes qui animent le centre Emirati d’Ifrane dont le nombre est de huit, sont issus de la localité de Smâala de Doukkala et relèvent de la pépinière de l’Association des Fauconniers Lekouassem d’Ouled Frej.

Leurs activités dans ce centre Emirati d’élevage et d‘affaitage des faucons, découle d’un accord de partenariat qui dure depuis plus de quatre ans avec comme principal objectif l’amélioration des connaissances des jeunes de l’association tout en leur assurant un emploi stable et en conformité avec leur spécialité.

Dans ce même contexte et aux fins utiles, il nous est loisible de souligner que parallèlement à l’activité d’Ifrane, une opération similaire s’est déroulée au siège de l’association dans la localité de Smâala d’Ouled Frej en collaboration avec ses membres et sous la supervision d’un maître fauconnier et d’un vétérinaire. L’objectif de cette manifestation a été le dressage d’une dizaine de jeunes faucons de noble race, et ce, durant tout un mois, en vue de leur préparation pour la grande saison de chasse. Une saison que tous les fauconniers des Pays du Golfe attendent avec impatience et qui doit durer de Septembre à fin Janvier.

Au fait, pourquoi Ifrane et El Jadida sont-elles habilitées à jouer ce rôle déterminant dans la bonne aptitude du rapace en matière de chasse ? Pourquoi les grands seigneurs de la fauconnerie issus des Pays du Golfe optent-ils pour ces contrées du Maroc comme étape de dressage avant de s’émigrer vers les vastes contrées de chasse au vol ?

A notre sens, la réponse à de telles interrogations repose sur quelques points essentiels. Il faut reconnaître tout d’abord qu’au-delà du sens de l’hospitalité qui est bien ancrée dans nos traditions ainsi que des liens de fraternité qui unissent le Maroc et les Pays du Golf Arabique, d’autres avantages dont disposent particulièrement certaines de nos contrées, séduisent de plus en plus les professionnels de la fauconnerie, surtout durant les périodes de grande canicule.

Et pour revenir à ce dernier point, nul ne peut ignorer la bonne fraîcheur d’Ifrane et encore moins la clémence du microclimat d’El Jadida qui lui a valu cet été le titre de la ville la plus courtisée du pays. Cette bonne disponibilité climatique, représente donc un atout majeur pour le dressage des jeunes faucons qui doivent être assujettis à des entraînements répétitifs et soutenus tout au long d’une période qui peut durer jusqu’à un mois. Et dans ces conditions, les grandes chaleurs risquent d’affecter dangereusement la santé des faucons et porter préjudice à toute l’opération en cours.

L’autre avantage qui tente les fauconniers des pays du Golfe à opter pour la destination du Maroc, a trait à la disponibilité d’une main d’œuvre spécialisée dans le domaine et donc habilitée à accompagner les professionnels tout au long de l’incontournable durée d’affaitage qui nécessite un grand savoir faire, un suivi médical et nutritionnel de rigueur et surtout une patience toute particulière. Et dans ce contexte, l’Association des fauconniers Lekouassem ne sera jamais prise à défaut, puisque depuis sa création, elle s’est investie dans la valorisation du capital humain en incitant les jeunes à redécouvrir un métier peu commun certes, mais qui reste tout aussi honorable que n’importe quelle autre spécialité.

Enfin et à titre de rappel, notons que lors de l’établissement de son premier plan d’action qui date de plusieurs années, l’Association des Fauconniers Lekouassem d’Ouled Frej avait prévu nombre de projets dont justement un centre d’hébergement et d’affaitage pour jeunes faucons en provenance de toutes les latitudes. Les autres projets dont il est question sont relatifs à un gîte touristique en plus d’un musée en mesure de retracer l’histoire grandiose d’une tradition locale ancestrale qui est aujourd’hui en pleine renaissance.

Ahmed Chahid