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THEÂTRE D’EL JADIDA : Zinoun et le ballet des faucons

dimanche 14 octobre 2012

Lahcen Zinoun a fait danser les faucons sur scène à El Jadida. Une chorégraphie très singulière, bercée par le rythme d’une symphonie vocale qui puise ses racines dans les profondeurs culturelles des Doukkala et que seuls les anciens fauconniers de la tribu Lekouassem en connaissent la symbolique et les secrets.

Lahcen Zinoun a libéré les couleurs de l’authentique patrimoine local, en accordant la plainte des violons aux mélodies du terroir et à la finesse gestuelle de chanteuses anonymes mais très attachées à un répertoire qui sent la terre fraiche et remue les sens qui sommeillent au fin fond de chacun de nous même.

Cet artiste marocain dont la renommée a dépassé depuis longtemps les frontières du pays, a réussi l’un des plus beaux enchainements de tableaux, dont les touches aussi légères que flamboyantes, tiennent à nous rappeler que le ressourcement est à la fois une thérapie des sens et une réconciliation avec l’égo culturel.

Rien donc n’est plus subtil que ce regard que Zinoun tente de lancer vers les richesses de notre patrimoine culturel local que certains ont tendance à négliger la portée. Lahcen y a pensé, s’en est investi et a estimé que c’est le meilleur hommage qu’on peut rendre à notre mémoire collective et ce, à l’occasion de la renaissance du théâtre d’El Jadida auquel d’autres nostalgiques ont insufflé une nouvelle étincelle de jouvence.

Il faut dire qu’une telle création dont la première sera présentée incessamment, a nécessité beaucoup de tact et bonne dose de patience et de savoir faire, dans la mesure où la quasi-totalité des acteurs n’ont jamais connu les feux de la rampe et encore moins l’atmosphère toute particulière qui baigne cet univers feutré des planches. Et c’est cette particularité qui donne toute sa saveur à ce spectacle haut de couleurs et riche en enseignements.

On ne peut terminer cette présentation sans saluer au passage ces soldats de l’ombre qui ont sué inlassablement, que ce soit dans les champs de la prospection ou par leur omniprésence tout au long de la mise en scène de cette œuvre d’art. Véritables chevilles ouvrières de l’Association provinciale des affaires culturelles, Driss Lemrabet et Abderrahmane Aris, méritent bien tous les éloges qu’on accorde à ceux qui honorent leurs missions en silence mais dans la confiance de leurs capacités..

Chahid Ahmed