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El Jadida-Mazagan : Deux siècles d’histoire consulaire

vendredi 6 mai 2011

L’essayiste marocain Mustapha Jmahri vient de publier le onzième numéro des Cahiers d’El Jadida, intitulé « Mazagan-El Jadida : Deux siècles d’histoire consulaire ».
En 190 pages, cet ouvrage revient sur une longue période de l’histoire (1760-1960) pendant laquelle El Jadida était érigée en place consulaire importante. Une quinzaine de consulats d’Europe (France, Angleterre, Espagne, Autriche, Allemagne, Suède-Norvège, Italie, Portugal, Belgique, Pays-Bas) et des Amériques (USA et Brésil) étaient établis dans la ville. Le chercheur précise qu’aujourd’hui les vestiges de la ville consulaire de Mazagan n’ont pas complètement disparu et que les traces de cette présence sont encore multiples à travers les lieux, la mémoire et le parler local.
Selon l’auteur plusieurs raisons justifient la publication de cet ouvrage. Outre la demande émanant de lecteurs et la participation du chercheur à des colloques sur le même sujet, il y a aussi le manque de travaux sur ce thème au niveau local et régional d’où l’ambition de dévoiler un épisode sensible de l’histoire du Maroc marqué par l’hégémonie consulaire étrangère sur les villes portuaires comme El Jadida.

La traque des archives et des documents n’était pas aisée surtout pour connaître les 80 titulaires des postes consulaires et les listes des protégés marocains par les pays d’outre-mer. D’autant plus que plusieurs archives consulaires ont été perdues avec la conjoncture des deux conflits mondiaux et que les fonds d’archives concernés sont dispersés à travers les pays.
Pour surmonter ces redoutables obstacles et disposer des matériaux nécessaires à la rédaction de l’ouvrage, il a donc été primordial, sur le plan méthodologique, de recourir, dans un souci de complémentarité, au recoupement d’un éventail de sources : archives consulaires, archives privées, sources imprimées, sources orales, sources iconographiques et enfin l’enquête du terrain.
Le préfacier Philippe Marchat, historien, (né à Rabat, ancien conseiller de Valery Giscard d’Estaing) souligne que cet ouvrage a un double mérite : il fait ressortir le rôle, important et trop souvent méconnu, que le port de Mazagan-El Jadida et sa riche région des Doukkala ont joué dans l’ouverture de l’Empire chérifien au monde extérieur, en même temps qu’il fait revivre, avec précision et force détails, les nombreux acteurs étrangers et locaux qui y ont participé. _Quant à l’historien feu Guy Martinet, il précise que l’histoire passionnante des consulats étrangers par Monsieur Jmahri met parfaitement en évidence le rôle et l’importance de l’activité consulaire étrangère pendant cette période si importante pour la ville d’El Jadida. _En plus des notices présentant les divers consulats par pays, l’ouvrage cite les noms des Marocains protégés et consacre la dernière partie aux témoignages de descendants d’anciens consuls que l’auteur a pu contacter en France, en Espagne et au Maroc. Des photos des consuls de l’époque et des sièges consulaires viennent enrichir ce travail d’investigation et de grande haleine.

Le livre est disponible à El Jadida (librairie Amal) et à Casablanca (Carrefour des livres) ou en contactant l’auteur à l’adresse : jmahrim@yahoo.fr