Accueil du site > Actualité > A LA RECHERCHE DES TAZOTA DES DOUKKALA : Des étudiants Marocains et Français (...)

A LA RECHERCHE DES TAZOTA DES DOUKKALA : Des étudiants Marocains et Français font le compte

samedi 9 février 2013

Le premier constat a de quoi surprendre. Même les plus avertis des chercheurs n’auraient jamais imaginé que la terre des Doukkala abrite une aussi forte densité de ces constructions en pierres sèches appelées Tazota et dont l’origine des premiers bâtisseurs attise toujours les polémiques les plus contradictoires, tout en suscitant l’intérêt des sphères scientifiques.

En dix jours seulement, mais avec acharnement, assiduité et grande conviction, huit groupes mixtes, composés d’étudiants Marocains (18) et Français (17) ont arpenté prés de 145 Km2 entre la commune de Haouzia et celle d’Ouled Rahmoun (Soit 56 Douars), pour nous faire découvrir que cette zone, à elle seule n’abrite pas moins de 459 Tazota. Ce recensement quoique exhaustif, a de quoi nous faire réfléchir sur cette valeur patrimoniale singulière qui sommeille à un jet de pierre de la ville d’El Jadida, au moment où les décideurs s’ingénient pour imaginer des créneaux touristiques porteurs et en mesure de stimuler une dynamique socio-économique dans les contrées rurales.

Ces informations dont nous avons pu saisir le sens lors de la réunion de mise au point tenue le Samedi 09 Février au Département Géologie de la Faculté des Sciences d’El Jadida , ne représentent selon les organisateurs que la première phase de tout un programme qui ciblera aussi les trois autres communes où « pousse » la partie la plus consistante de ces Tazota.

Selon l’exposé des participants, la majorité des Tazota détectées sont en très bon état et servent en grande partie comme silos (49%) ou à des fins d’habitation et d’élevage. On estime aussi que leur densité est de huit Tazota par Douar. Certaines Tazota ont complètement disparus, d’autres se sont effondrées pour des raisons indéterminées.

Il faut cependant souligner que certaines limites de l’état des lieux ont été enregistrées par ces étudiants-prospecteurs pour des motifs d’absence du propriétaire, des craintes manifestées par les habitants, des difficultés d’accès ou encore l’insuffisance des moyens matériels.

A rappeler que les initiateurs de ce projet qui est d’une grande importance à l’heure actuelle, se proposent de mettre à contribution le savoir et le savoir faire des étudiants des licences professionnelles (LPGA) de la Faculté des sciences – Université Chouaïb Doukkali d’El Jadida et (LUP-SIG) de la Faculté des lettres et sciences humaines – Université de la Rochelle, pour nous donner une notion plus précise du nombre de ces ouvrages architecturaux exceptionnels ainsi que leur positionnement dans les cinq communes qui les abritent.

Ce projet qui est piloté par MM. FEKKAK Abdelilah et ETTACHFINI El Mostafa(Coté Marocain) et MM. POUGET Fréderic et LAYEC Alain, entre dans le cadre de la coopération entre la licence professionnelle géomatique appliquée (Faculté des sciences – Université chouaïb doukkali d’El Jadida) et la licence professionnelle SIG (Faculté des lettres et sciences humaines – Université de la Rochelle), un stage commun de terrain est organisé depuis le début du mois de Janvier au profit des étudiants des deux licences.

Nous ne pouvons que saluer cette initiative, tout en espérant qu’elle puisse sensibiliser d’autres disciplines afin qu’on puisse avoir une connaissance plus profonde sur cette énigme qui auréole les Tazota et leur implantation dans cette zone bien déterminée des Doukkala.

Selon l’estimation que l’on peut se permette d’avancer aujourd’hui suite à ce premier recensement, le nombre des Tazota dans ce petit périmètre qui englobe cinq communes pourrait dépasser les 1200 unités. Cela représente un nombre jamais égalé de par le monde. Cela fait aussi preuve de découverte patrimoniale de grande importance qui mérite toutes les attentions.

Nous espérons que les autorités Provinciales puissent soutenir les jeunes étudiants Marocains qui auront à charge de compléter ce travail, parce qu’il serait regrettable qu’on s’arrête au tout début d’un si bon chemin.

Chahid Ahmed

Portfolio